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Comment estimer la valeur de son entreprise
Il n’existe pas un chiffre, mais une fourchette, et surtout des hypothèses qu’il faut pouvoir défendre. Panorama des méthodes utilisées sur les PME belges.
Partir de la rentabilité récurrente
La méthode la plus utilisée sur les PME consiste à appliquer un multiple à l’EBITDA retraité, c’est-à-dire au résultat d’exploitation avant amortissements, une fois neutralisés les éléments non récurrents et les charges liées au dirigeant.
Ce retraitement est déterminant. Une rémunération de dirigeant très supérieure ou très inférieure au marché, un loyer versé à une société patrimoniale, des charges privées ou un litige exceptionnel modifient sensiblement la base de calcul.
Quels multiples
Les multiples observés sur les PME belges varient largement selon le secteur, la taille et la qualité du dossier. Une société de services très dépendante de son dirigeant se situe dans le bas de la fourchette ; une activité industrielle avec un carnet récurrent, une équipe autonome et un outil récent se négocie nettement plus haut.
L’actif net corrigé
Cette approche part du bilan et réévalue chaque poste à sa valeur réelle : immobilier, matériel, stocks, créances douteuses, provisions. Elle sert de plancher pour les sociétés patrimoniales et de contrôle de cohérence pour les autres.
Les flux de trésorerie actualisés
La méthode dite DCF projette les flux futurs et les ramène à leur valeur d’aujourd’hui. Elle a le mérite d’obliger à formuler un plan d’affaires explicite. Sur une PME, elle reste très sensible aux hypothèses de croissance retenues. C’est un instrument de discussion plus qu’un verdict.
Les décotes qui s’appliquent
Plusieurs facteurs viennent en déduction : la concentration du chiffre d’affaires sur quelques clients, la dépendance à un homme clé, l’absence de contrats écrits, un outil vieillissant, des litiges en cours, une trésorerie insuffisante pour le cycle d’exploitation.
De la valeur au prix
La valeur est un calcul ; le prix est le résultat d’une négociation entre un vendeur et un acquéreur donné, à un moment donné. Un dossier bien préparé, présenté à plusieurs candidats sérieux, se rapproche du haut de la fourchette. Un dossier improvisé, présenté à un seul acquéreur, s’en éloigne.